22 mars 2012

DE LA PERTINENCE ET DE LA LÉGITIMITÉ DE LA HAUSSE

Ce texte a été rédigé collectivement par des étudiants des cycles supérieurs de la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal. Les comités exécutifs des 6 associations étudiantes invitent tout un chacun à appuyer ce texte à destination des médias avec sa signature.

 10h08 le jeudi 22 mars : 118 signatures
11h35 le jeudi 22 mars : 149 signatures
11h37 le vendredi 23 mars : 184 signatures
10h32 le dimanche 25 mars : 214 signatures
14h13 le jeudi 29 mars : 240 signatures

Publication PDF Metro



Nous sommes des étudiants de la Faculté de l’aménagement (urbanisme, paysage, architecture, design) de l’Université de Montréal, dont toutes les associations sont présentement en grève pour protester contre l’actuel projet de hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest. Nous souhaitons par la présente justifier notre opposition à ce projet gouvernemental que nous jugeons irresponsable et déraisonnable.

D’abord, l’insistance actuelle sur les conséquences d’une augmentation de 1 625 $ sur les étudiants a comme effet pervers de détourner notre attention du problème initial : les universités québécoises sont-elles vraiment « sous-financées » comme on tente de nous le faire croire ? Nous avons de bonnes raisons de penser, plutôt, que leurs budgets sont mal gérés et que leur vocation est en train de subir une profonde transformation dont nous redoutons les effets pervers.

Mis à part l’argument comparatif avec les universités des autres provinces canadiennes – argument irrecevable tellement la comparaison est difficile voire impossible – les universités s’appuient sur l’argument des déficits des dernières années pour justifier la hausse des frais de scolarité. La question des déficits soulève celle de la gestion saine des fonds déjà investis. Or, aucun mécanisme ne permet actuellement de vérifier en toute transparence la dépense efficiente des sommes publiques dans nos universités. Les audiences de la Loi sur les établissements d’enseignement de niveau universitaire, prévues aux trois ans, ne réunissent autour de la table que les recteurs et quelques députés désignés par l’Assemblée nationale. Des membres de la communauté universitaire aussi essentiels que des représentants des professeurs et des étudiants devraient toutefois aussi y siéger afin d’éclairer les décisions de leur connaissance spécifique de la situation et des besoins réels.

Dans leur mode de gestion actuel, les universités investissent des sommes importantes dans des aventures immobilières qui se terminent en queue de poisson, dans des budgets de publicité et de compétition internationale qui explosent et dans l’ouverture de nouveaux campus un peu partout sur le territoire québécois à la manière d’entreprises privées qui se feraient compétition pour gagner des parts de marché aux dépens de leurs rivales. De plus, une contribution accrue est demandée aux étudiants tandis que les hauts dirigeants des universités s’octroient des augmentations de salaire et de généreuses primes et indemnités de départ. Cette inadéquation fondamentale des fins et des moyens est foncièrement irresponsable et constitue selon nous une preuve supplémentaire du fait que les universités n’ont pas tant besoin de plus d’argent provenant des étudiants que de se doter de moyens pour mieux gérer l’argent dont elles disposent déjà.

Enfin, quand bien même le sous-financement des universités serait avéré, nous considérerions comme déraisonnable d’en faire porter la charge par les étudiants. Nous nous opposons avec conviction aux transformations que le gouvernement est en train d’imposer aux milieux de vie et d’apprentissage que sont nos universités. Nous estimons qu’une instruction publique de qualité est une richesse inestimable et un vecteur extraordinaire d’émancipation pour notre société. Il est donc d’une importance capitale d’assurer que l’université québécoise demeurera accessible à tous. Le système québécois d’éducation est un service public au même titre que le système de santé. Y faire régner le principe de l’utilisateur-payeur constitue ainsi une enfreinte aux principes d’équité et de justice sociale qui devraient gouverner notre vie en société.




Rédaction : le comité de mobilisation de l'ACSA